Dans notre dernier blog, nous avons évoqué les cafés de spécialité et leurs spécificités. Notamment leur aspect « éthique. » Allons cette fois plus loin. Un café éthique (on peut aussi parler de café « vertueux »,
« éco-responsable » ou « équitable »), qu’est-ce que c’est exactement ?

Commençons par l’absurde, par la définition d’un café qui n’est absolument pas éthique… Il provient d’une culture intensive qui a recours à des pesticides et/ou des engrais chimiques néfastes pour les écosystèmes. Les travailleurs de ces plantations sont exploités. Leurs conditions de travail sont peu respectueuses et ils sont mal rémunérés. Ils survivent. Tous des excès qu’on ne retrouve pas dans les (vertueux) cafés de spécialité proposés par les Cafés Van Hove.

Des conditions de travail dignes et une rémunération juste

Le respect des producteurs et des travailleurs est un point essentiel pour coller à la notion de café éthique. Ils sont rémunérés dignement.

Les producteurs

Les PRODUCTEURS sont assurés de vendre leurs cafés à un prix minimum, fixé à l’avance, plus élevé que les prix du marché mondial et non dépendants des cours fluctuants et imprévisibles de la bourse. Dans de nombreuses régions productrices où on ne se soucie pas du côté équitable, les cultivateurs sont fortement dépendants des fluctuations du marché. Si les prix chutent, il y a le risque que leurs revenus ne soient plus suffisants pour couvrir leurs frais de production. Et si les prix augmentent, ils n’en profitent pas nécessairement – ce sont d’autres acteurs de la chaîne qui se « sucrent »…

Dans le cas de cafés équitables, on a souvent des contrats à long terme entre les producteurs et les acheteurs, des partenariats clairs et durables. Les fermes peuvent ainsi se développer sur le long terme au lieu de simplement survivre d’une récolte à l’autre, sans savoir de quoi les lendemains seront faits. Dans certains cas, des producteurs se regroupent en coopératives : ils mutualisent leurs ressources pour réaliser des économies d’échelle (les frais sont partagés), négocient des contrats plus avantageux et investissent dans des projets collectifs.

Les travailleurs

Dans le monde du café éthique, les TRAVAILLEURS ne sont pas exploités non plus. Ils touchent un salaire décent, il n’y a pas de travail forcé, pas de travail des enfants, les horaires sont convenables, les conditions de sécurité sont respectées, ils bénéficient d’une protection sociale, ils ont accès aux soins et à l’éducation pour leur famille.

On comprend qu’un café vendu à bas prix peut difficilement être un café éthique. Un café de spécialité vertueux, en plus d’être d’une qualité supérieure pour un goût incomparable dans la tasse, a un prix car il rémunère correctement tous les acteurs de la chaîne. En optant pour ce type de café, vous faites le choix de soutenir des petits producteurs et des travailleurs au lieu d’engraisser des multinationales.

Respect de l’environnement

Un café éthique est un café respectueux de l’environnement, qui protège la planète. Il y a plusieurs façons d’y parvenir, de se soucier de la bonne santé et de la durabilité des écosystèmes – durement mis à l’épreuve par les méthodes de production conventionnelles et intensives.

Dans les cultures de café équitable, les producteurs veillent à une utilisation raisonnée de l’eau. Des plants sont cultivés sous ombrage : on les fait pousser sous des arbres, ce qui favorise la biodiversité et protège le sol. Dans certains cas, on privilégie l’agroforesterie, un mode d’exploitation durable qui associe des arbres (forestiers ou fruitiers) à des cultures ou à de l’élevage sur une même parcelle. La cohabitation ne pose aucun souci.

Un café éthique peut aussi être biologique. Les producteurs renoncent alors à l’utilisation de pesticides, d’engrais chimiques et d’OGM.

Une transparence totale

Le chemin d’un café éthique est clairement identifié. On sait ce qu’on achète, on sait d’où ça vient, on sait comment ça a été cultivé et par qui ! La traçabilité est totale tout au long de la chaîne d’approvisionnement, du grain à la tasse. Les marques engagées font preuve d’une transparence total. En effet, elles communiquent sur les origines de leurs cafés, les conditions de culture, de cueillette et de transformation.

Les limites des labels

Certains cafés sont « labellisés », c’est-à-dire certifiés par des organismes internationaux officiels (Fairtrade, Rainforest Alliance, Organic, Bird Friendly, Agriculture Biologique, etc). Ces labels peuvent
être utiles mais ils ne garantissent pas nécessairement un engagement éthique total. Un café peut être éthique sans être labellisé, et inversement.

Ces labels ont leurs limites. Parce que les critères définis pour les obtenir ne sont pas toujours très clairs. Et parce que certains producteurs qui privilégient une agriculture durable et équitable sont dans l’impossibilité de se payer la certification. C’est un processus compliqué et coûteux qui peut faire reculer. L’absence de label pour un café n’est donc pas nécessairement un mauvais signe.

Article écrit par Pierre Danvoye pour les Cafés Van Hove

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