Il y a un an, le café atteignait des prix élevés jamais vus. La faute au dérèglement climatique (températures élevées, sécheresses, pluies abondantes, gelées). Mais aussi à la santé précaire de plants un peu partout dans le monde. Ces deux facteurs ont diminué les quantités produites, d’où l’impact sur les prix.
Intéressons-nous ici aux bestioles les plus agressives qui abîment (voire détruisent complètement) les caféiers et aux principales maladies qui les affectent.
RAVAGEUR 1 : le scolyte du caféier
Le scolyte du caféier est un insecte noir et brillant, d’une taille de 1 à 2 millimètres. Il est la première cause des pertes de production au niveau mondial. Toutes les régions (équatoriales) qui cultivent du café sont touchées, l’Amérique du Sud encore plus que les autres.
Les femelles creusent des galeries dans les cerises de café et y pondent leurs œufs. La propagation est ultra rapide : une femelle peut pondre de 2 à 3 œufs par jour pendant une vingtaine de jours. Si des œufs arrivent dans la cerise au début de son développement, elle tombe. Si la ponte a lieu à un stade plus avancé du développement, la cerise peut continuer à mûrir, tout en continuant à héberger des scolytes. Le café pourra être récolté, sans que le producteur sache que les cerises abritent des insectes, mais les grains seront de moins bonne qualité.
Plus il fait chaud, plus les scolytes se reproduisent. Il existe des solutions biologiques pour éliminer le scolyte du caféier, par exemple introduire des prédateurs naturels inoffensifs pour les plants (oiseaux ou guêpes). Comme pour tous les ravageurs et maladies, les traitements chimiques (nocifs) ne doivent idéalement être envisagés qu’en tout dernier recours.
RAVAGEUR 2 : la cochenille des racines
La cochenille ressemble à un puceron et s’attaque aux racines du caféier pour boire la sève. Elle affaiblit l’arbre, qui devient moins résistant aux maladies. Vu sa position souterraine, cet insecte est difficile à repérer. Un signe clair peut indiquer sa présence : des colonies de fourmis au pied des plants. La cochenille des racines boit la sève mais ne la digère pas. Elle excrète une substance sucrée qui attire les fourmis.
Toujours à cause de la position souterraine de cette bestiole, il n’est pas possible de la combattre avec des prédateurs naturels comme on peut le faire avec le scolyte. L’utilisation de produits chimiques est la seule option efficace.
RAVAGEUR 3 : la mineuse de café
La mineuse de café est un petit papillon de nuit doté de grandes antennes. Cet insecte est présent dans toutes les régions du monde où l’on cultive du café. Il pond ses œufs sur la face intérieure des feuilles du caféier. Des larves s’y développent et endommagent le tissu. Des taches brunes apparaissent, le feuillage se réduit et le processus de photosynthèse se complique. Les plants deviennent ainsi plus sensibles
aux maladies et la production de cerises diminue.
Vu que la mineuse de café se reproduit surtout par fortes chaleurs, une solution consiste à choisir des pratiques agroforestières qui permettent de contrôler la hausse des températures sur les plantations. Mais ce n’est pas simple, et la lutte chimique est souvent privilégiée car elle est beaucoup plus facile à mettre en œuvre et plus efficace.
MALADIE 1 : la rouille orangée
De manière générale, les caféiers arabica sont plus sensibles aux maladies et aux variations climatiques que les plants de robusta. C’est l’une des explications des différences de prix entre ces deux types de café. Le prix plus élevé de l’arabica se justifie aussi par le fait que les rendements sont plus faibles et par sa culture en altitude, plus coûteuse.
La rouille orangée est la maladie la plus fréquente et la plus grave qui affecte les caféiers. Toutes les régions productrices sont concernées. Elle est provoquée par un champignon qui attaque les feuilles de l’arbre et leur donne une couleur orangée. Les feuilles donnent l’impression de « rouiller » petit à petit. Les caféiers perdent seulement leurs feuilles si l’infection est légère. Les rameaux dépérissent (et les arbres peuvent finir par mourir) quand l’infection est sévère. Dans tous les cas, les rendements diminuent. La rouille orangée affecte la production des cerises et impacte leur maturation. Vu que tous les fruits ne mûrissent pas au même rythme, la période de récolte est allongée, ce qui entraîne des coûts supplémentaires et retarde les livraisons.
Les températures très élevées et l’humidité sont des facteurs aggravants de cette maladie. Le champignon est transporté de cultures en cultures par le vent, les personnes, les animaux, les engins agricoles. Il n’existe pas vraiment de traitement naturel pour contrer la rouille orangée. Seuls les fongicides chimiques sont efficaces.
MALADIE 2 : la tache américaine du caféier
Cette maladie touche les plantations en altitude (au-dessus de 700 mètres). Elle est provoquée par un champignon qui s’attaque à toutes les parties des plants : feuilles, branches, fruits. Elle est favorisée par un trop-plein d’ombre et un taux d’humidité élevé. Des taches rondes et brunes apparaissent, et les plants perdent beaucoup de feuilles, ce qui complique le processus de photosynthèse. La production de fruits
diminue, et dans les cas les plus graves, les arbres meurent.
Les cultivateurs peuvent contrer la tache américaine du caféier en maintenant un niveau d’ombre et d’humidité équilibré. Si trop d’arbres sont touchés, il faut utiliser des produits chimiques.
MALADIE 3 : la maladie des baies de café
Contrairement à ce que son appellation indique, cette maladie ne se limite pas aux baies. Un champignon attaque les baies mais aussi les tiges et les feuilles. Les cerises sont affectées et pourrissent. Dans certaines plantations, les pertes de rendement sont colossales. Le développement de cette maladie est favorisé par un manque de fertilisation du sol et un manque d’humidité.
La solution écologique passe par un apport de nutriments dans le sol, un ajout de matières organiques. Dans le cas où cela ne suffit pas, les producteurs doivent avoir recours à des engrais chimiques.
Article écrit par Pierre Danvoye pour les Cafés Van Hove